Eux


Je n’ai pas eu peur quand ils sont venus et ont enlevé tous mes proches.
Je n’ai pas eu peur quand ils les ont changés par des doubles parfaits, corps sans âme qui n’éprouvent pas les sensations les plus basiques.
Je n’ai pas eu peur quand j’ai découvert que les fac-similés ne veulent rien savoir de moi, ne s’approchent jamais de moi, ne me parlent jamais.
Non, à ce moment-là je n’ai pas eu peur.
La panique s’est déchaînée quand ils sont venus vers moi et, après m’avoir observé avec attention, ont décidé qu’il n’était pas nécessaire de me remplacer.

Santiago Eximeno


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Traduction de l'espagnol : Jacques Fuentealba

Texte paru dans l'Antre-Lire, novembre 2008