Aux pays écrasés de guerre et de famine

Où le virus hérisse, en fléau, ses piquants,

Dans la brousse oubliée que l’argent contamine

En livrant les troupeaux au feu des trafiquants,

Tu vis.

Aux pays transformés en chaussées de sordide

Où le riz prend des goûts de chanvre et de trottoir,

Dans les cités brisées par un livre homicide

Et les banlieues changées en vastes dépotoirs,

Tu vis.

Tu vis sous un turban de haine et de misère,

Ou les yeux révulsés pour ne plus jamais voir,

Et dans tes rêves fous d’assistance étrangère

Tu t’aliènes un peu plus aux deux tiers de pouvoir,

Tu survis !