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Enfants du 20 décembre 1848 (fin)

« Mes amis,
Les décrets de la République française sont exécutés :  Vous êtes libres. Tous égaux devant la loi, vous n'avez autour de vous que des frères. (...) 
»
Joseph Napoléon Sébastien SARDA GARRIGA,
Commissaire général de la République
Saint-Denis de la Réunion, 20 décembre 1848

2011
Les empreintes de l’esclavage, de l’engagisme, de la colonisation, sont encore bien profondes dans la société réunionnaise. Il n’est toujours pas simple de descendre des asservis et peut-être encore moins de ceux qui asservissaient. Cependant, le déni du passé qui a prévalu jusque vers 1980 est en train de disparaître. Le droit et le devoir de mémoire sont revendiqués. Le métissage qui s’accentue de naissance en naissance témoigne de la puissance de vie et de l’envie d’harmoniser enfin nos ancêtres et nous-mêmes.



Mémoire métisse (2)

Tu as des yeux qui ont enfoui leur âme,
Un nez volcan, des lèvres mauves
Et closes.

Masque d’ancêtre incrusté dans la peau,
Tu dissimules,
Tu déambules,
Tu funambules
D’amertumes en regrets,
De secrets en non-dits,
De fuites en dénis,
De remords en cauchemars...


STOOOOOP !

Ecoute,
Le réveil a sonné.




Transmission

L’homme dit :
« Je suis la continuité et mes ancêtres m’accompagnent. »

Il dit aussi :
« Mais je ne suis pas mon père, ni mon grand-père, ni le père de celui-ci.
Je suis moi, et je ne veux ni de leurs chaînes ni de leurs fouets.
Je suis libre, ni victime ni coupable
».

Il dit encore :
« J’accepte avec courage et fierté de savoir d’où je viens.
Je revendique le droit et le devoir de mémoire,
pour que mes enfants, eux aussi, aient le choix d’être libres
».


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Extrait de "Enfants du 20 décembre", exposition de Rieul Pade (peintre et sculpteur) et Marie-Catherine Daniel (auteur)

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