C(h)œurs de Citoyens

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Ces appelés qui ont dit non à la torture, de Xavier Jacquey

mercredi, octobre 17 2012, par Macada

Quelques repaires et mots arabes

- La guerre d’Algérie :  1954-1962, guerre de décolonisation opposant l’Etat Français aux indépendantistes algériens. Guerre civile tout autant que guerre entre nations, les traumatismes sociaux et politiques qu’elle a générés sont encore très prégnants dans la société française actuelle.

- ALN : Armée de Libération Nationale, bras armé du Front de Libération Nationale (FLN)

- SAS : Section d’Action Spéciale

- AMS : Assistance Médico-Sociale

- « corvée de bois » : les prisonniers en trop mauvais état après une séance de torture étaient emmenés en « corvée de bois », autrement dit dans un endroit désert, pour y être abattus.

- bordj : fortin

- rheïma : tente des nomades

 

Ces appelés qui ont dit non à la torture

 

couv Ces appelés qui ont dit non à la torture 

Editions l’Harmattan

Parution : février 2012

N°ISBN 978-2-296-96192-0

 

Résumé

 

« En 1959, le jeune Jacquey arrive dans le secteur de Géryville, où l’ALN est très forte. Il est affecté à Kef Lahmar, à 45 km de Géryville, comme infirmier pour « soigner » les 4.500 nomades habitant quelques 650 tentes, regroupées autour d’un bordj dans le cadre de la structuration-encadrement de la population. Il s’indigne des conditions inhumaines des habitants, écrit à ses parents qu’il meurt quatre enfants par jour, de faim, de maladie et de froid. Pour leur éviter la « corvée de bois », il soigne les prisonniers torturés dans le poste. Il ameute sa hiérarchie médicale et ses camarades. [...]

« Ses lettres à ses parents, Xavier Jacquey, devenu psychiatre, les a retrouvées soigneusement rangées à la mort de son père en 2000 ; « lettres-journal » où il parle de son quotidien avec les conditions précaires des nomades parqués autour du bordj, les exactions des militaires et aussi ses démêlés avec ses supérieurs.[...]

« Ces lettres-journal présentent un témoignage « à chaud » d’une guerre où la torture est banalisée, où les blessés, si personne ne les protège, sont achevés, où des viols peuvent être couverts par l’autorité militaire, où le rationnement alimentaire des civils est réduit plus qu’au minimum... »

Chikh Achrati

Extrait d’un article paru dans Le Quotidien d’Oran du 17/11/2008

 

Xavier Jacquey est né en 1937. Après avoir été quelques années petit frère du Père de Foucauld, il est devenu psychiatre-psychanalyste. Ancien président de l’Ecole des Parents et des Educateurs d’Ile-de-France, il est actuellement bénévole à SNL (Solidarités Nouvelles pour le Logement) et membre de la 4acg (Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre)

 

Extrait (avec l‘aimable autorisation de Xavier Jacquey et des éditions l’Harmattan)

Geryville, le 7/05/59

Parents chéris, merci beaucoup pour vos lettres et celles d'Elisabeth.

[...]

Ici aujourd'hui - je suis à Kef el Ahmar - c'est le chômage, vent de sable et notre toit s'est envolé, il faut attendre, on a redescendu tous les médicaments au poste. J'en profite pour vous écrire et dire à maman que je n'oublie pas sa fête.

La semaine dernière, j'ai été à El Abiodh avec la toubiba, vu Milad et Janot, on leur amenait dans l'ambulance un petit frère brésilien, Danielo. On m'avait tout de même donné une mission : prendre de l'eau à El Abiodh, aux Arbaouat et à Ain el Orak pour les analyser. Je ne savais pas ce que c'était qu'une piste, maintenant je me rends compte ; c'est vraiment beau comme paysage.

Ici l'ambiance est moins sympathique ; nous avons touché un adjudant-chef SAS qui veut faire du renseignement.

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Ne fais pas aux autres..., de Célia Deiana

dimanche, septembre 25 2011, par Macada

Cela fait quelques temps que je souhaitais participer au blog C(h)oeurs de Citoyens, mais sans jamais trouver la manière de le faire : discussion légale, philosophique, politique ? Fiction ?

La fiction aurait été pas mal ; après tout, c’est ce que j’écris le plus.

Finalement je me suis demandée pourquoi je racontais des histoires, et la réponse est venue, par des chemins détournés.

J’ai commencé à écrire un roman il y a une petite dizaine d’années, avec des monstres et plein de sang, un peu sérieuse, un peu légère. Il y a deux héros, victimes tous deux de violences et de menaces de mort à un très jeune âge (sept et quatorze ans) Le plus vieux vit une vie de violence, de besoin de vengeance. Le second non.

Une personne à qui je décrivais ce dernier me demanda alors : pourquoi ? Quand on vit un truc pareil, on ne peut pas devenir aussi gentil et, pire, aussi pacifiste. Je n’ai pas pu répondre, j’ai simplement dit : « Ha, c’est l’obstacle majeur de cette œuvre, la chose la plus difficile à faire croire. »

Pas du tout. C’est le personnage que j’ai eu le plus de facilité à écrire, et je suis bien certaine qu’il est tout aussi réaliste que mes autres personnages.

Alors comment ? Alors pourquoi ?

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Émigrée dans son propre pays, par Gudule

jeudi, février 17 2011, par Citoyen

Ce récit se déroule en automne 1968. Après avoir vécu six ans au Liban, Rose émigre en France avec son mari, d’origine égyptienne, et leurs deux enfants. Suite à son mariage, elle a perdu sa nationalité française. La voici étrangère dans son propre pays. Bien qu’écrite à la troisième personne, cette anecdote, extraite du roman autobiographique de Gudule « Sous les pavés, la Rose »  est donc un témoignage vécu — et ressenti.

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