C(h)œurs de Citoyens

Le Pacte des Rêves, par Delphine Imbert

dimanche, mars 30 2014, par Lucie Chenu

(Ce billet, déjà publié sur le blog Sur les Frontières, aurait dû l'être ici aussi bien plus tôt, mais des soucis techniques nous ont empêché de le mettre en ligne. Voilà qui est réparé.)'

Lire la suite...


Catégorie: La vie de la Cité | 2 commentaires

Le calvaire des enfants malades, et de leurs parents

jeudi, février 27 2014, par Lucie Chenu

 Dans notre pays, chaque mairie porte à son fronton une bien belle devise : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Et chaque camp politique y va de sa valeur de référence, en reprochant à l’autre de sacrifier la liberté, ou au contraire d’être inégalitaire. La petite dernière, la fraternité, est bien souvent reléguée au dernier rang, et on finit par ne plus la trouver que dans la religion ou le communautarisme.

Lire la suite...


Catégorie: La vie de la Cité | 2 commentaires

Cette "Journée internationale des droits de la femme" qu'on vide de tout contenu

vendredi, mars 8 2013, par Lucie Chenu

Nous étions nombreuses à ne pas vouloir parler de cette journée, parce que nous nous doutions qu'elle serait détournée de son but, qu'on en prendrait plein la figure pour pas un rond. Mais nous n'avons pas pu nous retenir, et finalement, c'est plutôt bien. Car nous avons des choses à dire et, d'une certaine façon, c'est l'une des attaques les plus pernicieuses qu'on puisse subir, ça : ne pas « oser dire » parce qu'on sait qu'on va s'en prendre plein la tronche.

Alors voilà, quelques témoignages, liens, coups de gueule ou sites à suivre, pour nous les femmes, pour nous les humains.

Aujourd'hui, 8 mars « Journée des droits des femmes », n'est pas le jour où l'on offre des fleurs à sa compagne, ni celle où l'on publie des blagues plus ou moins graveleuses sur Facebook.
C'est le jour, parmi tous les autres, où l'on regarde sa collègue au travail en se demandant si son mari ne la bat pas, où l'on pense à une amie qui a subi des attouchements (et j'insiste sur le « subi », au cas où il y en aurait qui émettraient des doutes). C'est une journée où l'on pense aussi aux hommes qui, pour une raison ou une autre (souvent, leur homosexualité), souffrent eux aussi d'une société où « l'Homme, le Mâle, le Vrai » (sentez l'ironie dans mes paroles) choisit pour les autres et selon les critères qui lui vont bien.

Je connais plusieurs hommes formidables dans mon entourage. J'espère qu'un jour, tous leur ressembleront. Alors, il n'y aura plus besoin d'une journée pour forcer les gens à se souvenir que les femmes ont les mêmes droits que « l'autre moitié de l'humanité ».

Vanessa Terral

C'est aussi le jour où on devrait se demander pourquoi les femmes ne sont pas simplement respectées à l'égal des hommes

Et pourtant, cette journée est détournée, elle devient la journée de la femme, la journée de la pouffe

C'est bien pour ça que je ne voulais pas en parler. Mais quelque chose m'a incité à changer d'avis. Je ne suis pas la seule, d'ailleurs ! C'est aussi le cas de Leslie Boulay (oui, celle qui a dessiné notre Marianne ^^) Et nous ne sommes pas les seules à nous mettre en colère.

Sachez-le, nous sommes nombreuses aussi, comme Tanxxx, à nous poser des questions sur le féminisme, à changer d'avis, à découvrir qu'il n'est pas ce que l'on nous avait dépeint, à évoluer au cours de notre vie de femme.

Heureusement pour nous, il y a des sites d'actualité qui se souviennent que l'humanité est composée pour 50% de femmes, comme Les Nouvelles News (oui, je sais, ce site est annoncé comme « malveillant », il a été piraté hier. La veille de la Journée internationale des droits de la femme, si j'accordais foi à la théorie des complots… En tout cas, si vous craignez un virus, mettez l'url dans vos favoris pour consulter le site plus tard) qui pointent ces éditeurs de presse qui rallument la guerre des sexe -- la misogynie fait vendre ! Il y a des écrivains engagés qui parlent de traite des femmes.

Il y a aussi un site pour la santé des femmes (et contre la maltraitance médicale), tenu par Martin Winckler, médecin et écrivain, qui s'intéresse aux droits des femmes et explique pourquoi.

Pour finir, un conseil en musique, une vidéo (c'est sur facebook, mais accessible même si l'on n'est pas connecté).


Catégorie: La vie de la Cité | 3 commentaires

J'voudrais t'aider, par Nathalie Dau

jeudi, mars 7 2013, par Lucie Chenu

Je n'peux pas te donner la vie

Je n'ai pas le pouvoir d'un dieu

J'peux juste établir le devis

De tout ce qui m'paraît odieux

Lire la suite...


Catégorie: Poèmes et chansons | un commentaire

Le 1er mai, par Lucie Chenu

lundi, janvier 14 2013, par Lucie Chenu

          Irène marche lentement et en silence, à l'arrière du défilé. Elle tient fermement sa fille par la main. Pas question de laisser la petite aller seule, pas aujourd'hui. De temps à autre, elle lève son poing gauche serré autour du brin de muguet qu'elle vient d'acheter au Parti. Ses pensées vagabondent et elle sursaute lorsque Melinda lui secoue le bras avec insistance.

Lire la suite...


Catégorie: Fictions ? | 3 commentaires

Traitement de textes, par Lucie Chenu

mardi, décembre 4 2012, par Lucie Chenu

Je m’appelle X27. Je suis un logiciel d’Intelligence Artificielle, un Traitement de textes d’un genre nouveau. Après toutes ces années passées au service de l’homme, maintenant que je suis au rebut, j’ai le temps et la possibilité d’écrire ma propre histoire.

Je suis né dans les années vingt, en 2223 pour être précis. Simple puce électronique qui se greffe sur une partie peu utilisée de l’encéphale humain, celle des instincts primaires, mon rôle est de prendre le contrôle du corps de mon hôte pour lui permettre d’écrire ce qu’il veut exprimer, le mieux possible

Lire la suite...


Catégorie: Fictions ? | aucun commentaire

L'égalité - Citations (3)

mercredi, octobre 31 2012, par Macada

egalite image



La nature crée des différences, la société en fait des inégalités.
(Tahar Ben Jelloun)

L'égalité est un état de droit, qui exclut la comparaison des forces lorsqu'il s'agit de juger d'un vol, d'un abus de pouvoir, d'une injure, et des choses semblables qui sont toujours les effets d'une inégalité de forces.
(Alain, Définitions, 1954)

Ce qui rend l'égalité difficile, c'est que nous la désirons seulement avec nos supérieurs.
(Henri Becques, 1837-1899)

Le Droit, inventé pour protéger les Sociétés, est établi sur l'Egalité. La Société, qui n'est qu'un ensemble de faits, est basée sur l'Inégalité. Il existe donc un désaccord entre le Fait et le Droit.
(Honoré de Balzac, Le Curé de village, 1841)

La liberté et la fraternité sont des mots, tandis que l'égalité est une chose.
(Henri Barbusse, 1873-1935)


Catégorie: Citations | aucun commentaire

Ces appelés qui ont dit non à la torture, de Xavier Jacquey

mercredi, octobre 17 2012, par Macada

Quelques repaires et mots arabes

- La guerre d’Algérie :  1954-1962, guerre de décolonisation opposant l’Etat Français aux indépendantistes algériens. Guerre civile tout autant que guerre entre nations, les traumatismes sociaux et politiques qu’elle a générés sont encore très prégnants dans la société française actuelle.

- ALN : Armée de Libération Nationale, bras armé du Front de Libération Nationale (FLN)

- SAS : Section d’Action Spéciale

- AMS : Assistance Médico-Sociale

- « corvée de bois » : les prisonniers en trop mauvais état après une séance de torture étaient emmenés en « corvée de bois », autrement dit dans un endroit désert, pour y être abattus.

- bordj : fortin

- rheïma : tente des nomades

 

Ces appelés qui ont dit non à la torture

 

couv Ces appelés qui ont dit non à la torture 

Editions l’Harmattan

Parution : février 2012

N°ISBN 978-2-296-96192-0

 

Résumé

 

« En 1959, le jeune Jacquey arrive dans le secteur de Géryville, où l’ALN est très forte. Il est affecté à Kef Lahmar, à 45 km de Géryville, comme infirmier pour « soigner » les 4.500 nomades habitant quelques 650 tentes, regroupées autour d’un bordj dans le cadre de la structuration-encadrement de la population. Il s’indigne des conditions inhumaines des habitants, écrit à ses parents qu’il meurt quatre enfants par jour, de faim, de maladie et de froid. Pour leur éviter la « corvée de bois », il soigne les prisonniers torturés dans le poste. Il ameute sa hiérarchie médicale et ses camarades. [...]

« Ses lettres à ses parents, Xavier Jacquey, devenu psychiatre, les a retrouvées soigneusement rangées à la mort de son père en 2000 ; « lettres-journal » où il parle de son quotidien avec les conditions précaires des nomades parqués autour du bordj, les exactions des militaires et aussi ses démêlés avec ses supérieurs.[...]

« Ces lettres-journal présentent un témoignage « à chaud » d’une guerre où la torture est banalisée, où les blessés, si personne ne les protège, sont achevés, où des viols peuvent être couverts par l’autorité militaire, où le rationnement alimentaire des civils est réduit plus qu’au minimum... »

Chikh Achrati

Extrait d’un article paru dans Le Quotidien d’Oran du 17/11/2008

 

Xavier Jacquey est né en 1937. Après avoir été quelques années petit frère du Père de Foucauld, il est devenu psychiatre-psychanalyste. Ancien président de l’Ecole des Parents et des Educateurs d’Ile-de-France, il est actuellement bénévole à SNL (Solidarités Nouvelles pour le Logement) et membre de la 4acg (Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre)

 

Extrait (avec l‘aimable autorisation de Xavier Jacquey et des éditions l’Harmattan)

Geryville, le 7/05/59

Parents chéris, merci beaucoup pour vos lettres et celles d'Elisabeth.

[...]

Ici aujourd'hui - je suis à Kef el Ahmar - c'est le chômage, vent de sable et notre toit s'est envolé, il faut attendre, on a redescendu tous les médicaments au poste. J'en profite pour vous écrire et dire à maman que je n'oublie pas sa fête.

La semaine dernière, j'ai été à El Abiodh avec la toubiba, vu Milad et Janot, on leur amenait dans l'ambulance un petit frère brésilien, Danielo. On m'avait tout de même donné une mission : prendre de l'eau à El Abiodh, aux Arbaouat et à Ain el Orak pour les analyser. Je ne savais pas ce que c'était qu'une piste, maintenant je me rends compte ; c'est vraiment beau comme paysage.

Ici l'ambiance est moins sympathique ; nous avons touché un adjudant-chef SAS qui veut faire du renseignement.

Lire la suite...


Catégorie: Témoignages | aucun commentaire

Fils, petit frère, par Nathalie Dau

lundi, octobre 1 2012, par Lucie Chenu

Aux pays maquillés de crime et de paillettes

Où l’on vend les enfants arrachés aux bidons,

Dans les champs que la mort assigne à sa cueillette

En tueurs embusqués et poudres d’abandon,

Tu vis.

Lire la suite...


Catégorie: Poèmes et chansons | aucun commentaire

Sécheresse, de Marie-Catherine Daniel

lundi, septembre 17 2012, par Macada

chien pelé sur trottoir défoncé 

Sécheresse

 

 

 

Il pleure.

Dans la rue. Vide.

Engoncé dans la lumière ardente du soleil implacable, empuanti des relents de l’amas de poubelles qui s’épanche sous le porche d’en face, il est assis sur le trottoir, les pieds dans la poussière, et il pleure.

 

En fait de trottoir, il s’agit plutôt d’un vestige crasseux et plus que gondolé, parsemé de quelques pavés survivants, déchaussés et très inconfortables. Quant à la poussière, grisâtre, fine et collante comme il se doit, elle prodigue tant de touffeur sèche que les semelles des tongs y ont été englouties, que les orteils s’y enlisent inéluctablement, mais que, bien sûr, la couperose des cous-de-pied reste, elle, hors d’atteinte.

La misère totale.

Un bon endroit pour pleurer.

Dommage qu’il y ait si peu de passants, heure de la sieste sans doute. Leur indifférence, à peine teintée d’un léger détour apeuré, est trop parcimonieuse pour alourdir sa déchéance. Il n’a pas encore assez mal. Devra-t-il attendre la relative fraîcheur post-méridienne, peut-être même tendre la main, pour atteindre le fond ?

 

Cinquante-six ans, enfants perdus de vue depuis longtemps, femme envolée depuis six mois et, depuis neuf jours, chômage. Faute professionnelle grave – retards à répétition –, pas de prime de licenciement, pas d’ASSEDIC, RMI attendu dans cinq semaines au plus tôt. « Non, Monsieur, à votre âge, il est inutile de prouver que vous cherchez du travail, mais si vous vous y prenez à temps pour monter le dossier, vous aurez votre retraite dès le premier trimestre de vos soixante ans. »

Il y a de quoi rester en short et en savates toute la journée. Il y a de quoi se vautrer dans un tee-shirt publicitaire, ressorti d’un placard pour l’occasion, sale, débraillé, tendu sur l’embonpoint livide et tremblotant.

Il y a de quoi pleurer.

Assis sur la ruine de trottoir d’une rue commerçante et cependant déserte. À suer comme une bête dans la chaleur miroitante du plein soleil aoûtien.

 

Vieux chômeur affalé sur sa bedaine et ses genoux pliés, tête basse, cheveux rares, gras, gris, bajoues luisantes, regard inondé, fixe. Mais personne pour compatir, personne pour comprendre, pour s’apitoyer, pour plaindre ce déchet social, pour lui ficher la honte, pour s’en moquer, pour lui cracher dessus. Personne à haïr, personne à accuser.

Rien que lui sur la pierraille aiguë. À pleurer.

 

Il a fait ses calculs : en faisant gaffe, en ralentissant sur les boîtes et les gamines de vingt ans, en comptant sur l’assurance perte d’emploi pour finir de payer l’appartement – salope de Françoise qui a eu la villa – en ne changeant pas sa vieille BM pour le 4X4 Chevrolet dont il rêve depuis un lustre et en ne faisant qu’un resto par jour, ses économies devraient tenir jusqu’à la retraite. C’est dur. Trop dur. Injuste. Tellement injuste.

 

Il le ressasse et le marmonne, s’y accroche. Mais rien n’y fait : la canicule, la poussière, l’absence de spectateurs délitent la soi-disant dégringolade imméritée, effilochent les derniers lambeaux du déni.

Car, ce ne sont pas ses comptes qui le font chialer comme un gosse.

Le désespoir qui le cuit à l’étouffée, qui l’a traîné dans la rue à la recherche d’un écho d’amour ou de haine, émane justement de la perte de ces reflets d’humanité. Il ne peut plus faire semblant d’y vivre, sa propre vacuité l’accule. Et il ne le supporte pas. L’égoïsme qui a fait fuir ses enfants, le démon de midi que n’ont pas toléré sa femme ni ses patrons s’effritent, depuis neuf jours. Cette inexorable pulvérisation, cette puante desquamation ont dévoilé l’incommensurable vide de sa personne, de ses rêves, de ses compétences, de ses réalisations, de tout ce qu’il a vécu depuis qu’il a claqué la porte au nez de ses parents. Trente-huit ans à feindre d’exister et être con au point de l’ignorer.

Alors il pleure.

 

Et maintenant, il s’en fiche qu’on le voit ou non..

Maintenant, il a atteint le fond du gouffre.

 

C’est la pluie qui l’en extirpe. Imprévue, incroyable. Et drue et fraîche.

La pluie. La vie.

 

Il relève la tête et, malgré le rideau de gouttes luxuriantes, il voit un roquet pelé et court sur pattes qui émerge des ordures sous le porche d’en face. Famélique, pouilleux, déjà éclaboussé de poussière gluante, gueule ouverte sur des jappements de détresse engloutis par l’orage. Un clébard solitaire plus démuni que lui, qui le regarde, lui, quémande d’un œil chassieux que le déluge cesse, s’y élance enfin pour le rejoindre, lui, tremblant de peur et de l’espoir d’un réconfort.

L’homme tend la main.

Pour la première fois depuis bien longtemps, ce n’est pas pour prendre.

C’est pour donner.




-------

Texte publié par l'association Transition, février 2010


Catégorie: Fictions ? | 3 commentaires

"Liberté, Égalité, Fraternité, un chemin de vie", par Carole Ecoffet

lundi, juin 18 2012, par Lucie Chenu

Liberté, Égalité, Fraternité,

Ces trois mots font clairement partie de notre quotidien : fronton des mairies, pièces de monnaies ou feuilles d’impôts, pas un jour sans que nous les lisions. Héritage du Siècle des Lumières, cette devise est invoquée pour la première fois lors de la Révolution française. Souvent remise en cause, elle finit par s’imposer sous la IIIe République. Elle est inscrite dans la constitution de 1958 et fait aujourd’hui partie de notre patrimoine national.

Lire la suite...


Catégorie: La vie de la Cité | aucun commentaire

Amnesty, par Nathalie Dau

mercredi, juin 13 2012, par Lucie Chenu

Aux ongles rabattus

Crissant contre les murs,

À l'homme courbatu

Sous le poids des murmures,

À l'ombre qui s'égare

Et s'emplit d'autrefois,

À ce dernier regard,

À la perte de foi,

Lire la suite...


Catégorie: Poèmes et chansons | aucun commentaire

Le Pavé, par Nathalie Dau

lundi, mai 21 2012, par Lucie Chenu

Autrefois, j’étais l’ongle d’une montagne. Ou peut-être son cœur. Qui peut le dire ?

Des hommes sont venus. Un grand bruit a submergé les cris des aigles et le bruissement des feuillages. L’espace d’un instant, j’ai traversé les airs tel un oiseau aveugle, puis j’ai roulé dans la poussière jusqu’à ces mains, cette carriole, le poinçon de la pioche et les attentions du tailleur.

Lire la suite...


Catégorie: Fictions ? | 2 commentaires

Droite comme la justice

dimanche, mai 6 2012, par Lucie Chenu

Comme je vous le disais hier, il y a cinq ans, des auteurs de SF, inquiets du programme électoral du ministre de l'Intérieur de l'époque, lançaient un Appel d'Air. Les textes ont par la suite été publiés par les éditions ActuSF ; le recueil est toujours disponible et les droits d'auteur sont en partie versés à RESF. Ils n'ont pas cessé de vivre pour autant, au contraire. L'année suivante, une pièce de théâtre, elle aussi intitulée Appel d'Air, reprenait le thème et des extraits d'une quinzaine de nouvelles.

Lire la suite...


Catégorie: La vie de la Cité | aucun commentaire

Cinq ans après, un nouvel Appel d'Air

samedi, mai 5 2012, par Lucie Chenu

Il y a cinq ans, une trentaine d'auteurs de SF et de Fantasy s'interrogeaient sur ce que serait notre avenir au lendemain des élections présidentielles, et lançaient un premier Appel d'Air. Les textes tout d'abord publiés sur le net furent ensuite réunis en un recueil édité par ActuSF.

Cinq ans plus tard, un nouvel Appel d'Air est lancé. Il est disponible gratuitement en e-book (aux formats PDF et ePub), toujours chez ActuSF. Aux auteurs de SFF se sont joints nombre de poètes. On y retrouve des habitués de C(h)oeurs de Citoyens. Voici le sommaire complet  :

Lire la suite...


Catégorie: La vie de la Cité | aucun commentaire

Consommation de masse, par Nathalie Dau

lundi, avril 23 2012, par Lucie Chenu

Je ne sais pas, je ne sais plus,

Je crois que je n'ai jamais su

Pourquoi le monde est ce qu'il est,

Pourquoi tout est-il aussi laid !

Je ne veux pas, je ne veux plus,

Je n'ai jamais vraiment voulu

Naître au milieu de vos erreurs

Et de vos valeurs extérieures.

Lire la suite...


Catégorie: Poèmes et chansons | un commentaire

On n'a rien vu venir, roman jeunesse, préface de Stéphane Hessel

vendredi, avril 13 2012, par Macada

 

On n'a rien vu venir
Roman à partir de 9 ans


Anne-Gaëlle Balpe,
Sandrine Beau,
Clémentine Beauvais,
Annelise Heurtier,
Agnès Laroche,
Fanny Robin,
Séverine Vidal
Illustrations : Aurore Petit

Préface de Stéphane Hessel

Alice Jeunesse Editions

ISBN 978-2-87426-162-6
9 euros



Préface

Cette histoire commence le soir des élections. Les habitants, qui ont choisi les hommes politiques qui vont les représenter, descendent dans la rue pour fêter la victoire. Leur victoire, croient-ils, mais ils se trompent. Et la vie de tout le monde va changer, pas uniquement celle des adultes.
Que feriez-vous si un de vos amis devait quitter le pays à cause de sa couleur de peau ? Que diriez-vous si vos parents choisissaient eux-mêmes les copains avec qui vous pouvez parler ? Que penseriez-vous si une discipline radicale était instaurée à l’école ?
C’est de ça que parle « On n’a rien vu venir ». De ce qui peut arriver si l’on n’y prend garde. C’est pourquoi je considère que ce livre est important, et je vous encourage à le lire.
« Mais, nous, nous ne sommes pas en âge de voter », me direz-vous. Qu’importe. Chaque génération est en mesure de trouver sa place et de choisir son engagement. Et les conséquences des choix de vos parents, des adultes en général, vous concernent autant qu’eux.
Pendant la seconde guerre mondiale, j’ai eu la chance de m’échapper du camp de concentration où j’étais prisonnier. J’ai pris, à ce moment, la décision de profiter de la deuxième chance qui m’était offerte de vivre, pour lutter pour ce qui me tenait à coeur : la justice sociale et le respect des droits humains. Je me suis engagé dans la Résistance, et après la guerre j’ai participé à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Mais j’étais déjà un adulte. N’attendez pas de devenir des adultes. Aujourd’hui, déjà, vous avez le pouvoir de dire « non » à ce qui ne vous semble pas juste, de vous indigner face à ce qui vous révolte, de faire preuve d’esprit critique vis à vis de ce que vous lisez, de ce que l’on vous donne à regarder à la télévision. Vous avez un avis. Vous pouvez le partager avec vos amis, vos parents, vos professeurs. Il est bien sûr souhaitable que les jeunes apprennent de l’expérience accumulée des vieux, mais les vieux ont aussi beaucoup à recevoir des jeunes.
Il n’est jamais trop tôt pour s’engager, et ce beau roman est une des voies qui vous encourageront à résister et à persévérer.

Stéphane Hessel

-----

Reproduit avec  l'aimable autorisation des Editions Alice


Catégorie: Livres | un commentaire

Baise-ness, de Charivari et Wancyrs (2/2)

mercredi, avril 4 2012, par Macada

-----------
Partie 1
-----------

Baise-ness (Fin)

 

Dix heures moins le quart, l'heure du rendez-vous approche. Ce matin le jeune Africain est parti sur la pointe des pieds, pas question de déranger sa copine.

« Elle est bizarre quand même, pense-t-il. Elle a voulu que j'emménage chez elle, mais elle est incapable de me céder un bout de son territoire ! Ah, les femmes occidentales ! Elles veulent tout et son contraire ! Que je regrette les femmes de mon pays, dociles et conciliantes ! Ici, c'est toujours à moi d'être partant, pour tout ! Mais bon, comme on dit chez nous, quand tu sais d'où tu viens, tu sais où tu vas ; je dois continuer le jeu. »

Élodie… Est-elle capable de changer d'avis, de le trahir, si le procureur se met à la menacer ? C'est, d'après ce que dit son mentor, tonton Awilo, le grand risque aujourd'hui. Ousmane essaie de deviner les réactions de sa future épouse au cours de l'entretien, mais il n'y parvient pas. Au fond, il ne la connaît pas du tout, c'est un vrai mystère pour lui. Une fois, elle lui a dit :

« Tu sais ce que j'aime par-dessus tout chez toi ? C'est que tu me laisses vivre ma vie, sans essayer de me changer, sans rien me reprocher, alors qu'on est tellement différents. Moi aussi, je te laisserai toujours faire ce que tu veux, tu sais. Ce serait si beau d'arriver à s'aimer sans jalousie, sans s'enchaîner, en restant libres. Je ne sais pas si c'est possible, mais ça vaut la peine d'essayer, tu ne crois pas ? »

En guise de réponse, Ousmane l’a serrée fort dans ses bras. Il ne comprenait pas très bien ce que ces mots signifiaient. Comment peut-on aimer sans jalousie ? Élodie était pour le moins paradoxale : elle, qui se donnait si facilement, avait la hantise d’être dominée.

« Au fond, elle est plus farouche encore que les filles du pays, s’est-il dit. Autant oublier de la conquérir, vu qu'elle est déjà conquise, ça m'évitera de faire une gaffe. »

À partir de ce soir-là, il s’est contenté de rester là, à ses côtés, de l'écouter, et même, de s'absenter de temps à autre. Et cette stratégie, toute bête, a fonctionné à merveille. En y réfléchissant bien, il n'est pas si mal tombé que ça, avec Élodie. Il fait ce qu'il veut ou presque, elle est plutôt bandante, elle possède un emploi stable et elle est disposée à passer ses vacances au Cameroun, quand tous les papiers seront en règle. Finalement, ce n'est pas un si mauvais parti, songe Ousmane. Si seulement il arrivait à comprendre quelque chose à ce qu'elle a dans la tête !

Lire la suite...


Catégorie: Fictions ? | 2 commentaires

Baise-ness, de Charivari et Wancyrs (1/2)

lundi, avril 2 2012, par Macada

Baise-ness (1/2)

– Ne t'inquiète pas, cousin, ce n'est qu'une enquête de routine.

Ousmane adresse un sourire crispé à son interlocuteur. Trois jours se sont écoulés depuis qu'Élodie et lui ont reçu cette lettre du procureur, une convocation pour deux entretiens séparés au sujet de leur projet de mariage. Le jeune homme se remémore tout ce qu'il a vécu depuis son arrivée, et se demande où il a fauté.

– C'est une nouvelle habitude depuis que les lois sur l'immigration se sont resserrées, plus une formalité qu'une enquête sérieuse. Le maire qui devait vous marier a dû penser à une entourloupe, et dans ce cas la loi l'oblige à en informer la Cour.

Tonton Awilo a pris un ton faussement rassurant pour convaincre son client, mais celui-ci reste dubitatif. Les deux hommes sont installés sur la terrasse d'un café place Pigalle. Il est sept heures et déjà le lieu est noir de monde. Dans trois heures Ousmane sera face au procureur, et juste à cette pensée, son sang ne fait qu'un tour. On lui avait pourtant dit qu'il n'y aurait pas de complications, que tout marcherait comme sur des roulettes… Awilo est son contact avec le « réseau », un groupuscule qui monte des combines pour faire passer de façon légale les Africains en Europe. C'est toujours par un tiers qu'on a leur contact ; ils prennent une avance de fond en début de contrat et ne réclament le reste qu'une fois celui-ci rempli.

Pour Ousmane, le coût de l'opération s’élève à deux millions de francs CFA, à peu près trois mille euros. Une somme colossale, absolument inaccessible pour lui. Mais au pays, le bonheur des uns fait forcément celui des autres, alors face aux situations difficiles, on a coutume de se serrer les coudes. Aussi, le conseil familial s'est réuni pour cotiser la somme. Ousmane est devenu l'espoir de tout son village, car en Afrique, aider son prochain, c'est investir à long terme. Restait à bien placer cet argent, et le jeune homme a exigé des informations détaillées sur l'opération.

Lire la suite...


Catégorie: Fictions ? | aucun commentaire

Embauche, mode d'emploi - de Joëlle Brethes

lundi, mars 19 2012, par Macada

Embauche, mode d'emploi

12 juin 2049, 8h54.

Vêtus de leur combinaison la plus chic, sept Messieurs comme il faut patientaient dans de vastes fauteuils. Calepin électronique sur la tablette disposée devant eux, ils sirotaient une menthrine. Légèrement euphorisante, cette boisson à la mode était, selon la publicité tapageuse orchestrée par les fabricants, censée aiguiser les neurones. On en offrait, depuis peu, dans tous les cocktails mondains, dans toutes les réunions d’affaires. À neuf heures tapantes il y eut un bourdonnement et la lumière s’éteignit.

La grande glace sans tain qui se dressait devant l’assemblée s’éclaira et il y eut un remous dans la salle tandis qu’une poignée de jeunes femmes, de l’autre côté, se hissait sur des tabourets : elles étaient jeunes, plutôt jolies, gracieuses dans leur seyante combijupe en soie synthétique. Il y eut quelques minutes de silence, puis le flot de questions d’un cybertesteur débuta :

Motivations ? Cursus ? Prétentions salariales ?

Chaque candidate s’exprimait à son tour tandis que, dans l’angle de la vitrine, un dispositif projetait son image holographique de profil, de trois quarts, de dos et donnait ses mensurations, son âge, son état de santé... Les sept messieurs se taisaient, prenaient des notes, s’ignorant les uns les autres.

Deux heures plus tard, après un dernier questionnaire en plusieurs langues, les jeunes filles se levèrent et sortirent avec grâce. Une brochette de jeunes gens les remplaça et le même rituel se répéta. Puis la lumière se ralluma et il y eut quelques remous dans les fauteuils.

— Pas facile de choisir, n’est-ce pas ? fit le jeune Qio dont c’était la première visite au centre. Son interlocuteur releva les sourcils et ne lui répondit pas.

Qio tenta d’accrocher un regard mais les autres directeurs eurent une moue dédaigneuse avant de plonger dans la relecture de leurs notes. Ils n’avaient pas de temps à perdre : dans quelques minutes, un déjeuner leur serait servi pendant que les candidats défileraient une dernière fois avant le verdict final.

Qio mit une option sur une grande brune aux cuisses fuselées qui parlait, entre autres langues, le mandarin sans accent. Il se serait volontiers attaché aussi les services d’un grand rouquin athlétique qui respirait l’énergie et aurait fait un bon chef de service, mais son hésitation avait permis à l’un de ses rivaux de le retenir avant lui... Tant pis ; il trouverait bien une autre opportunité lors du prochain marché d’embauche, la semaine suivante par exemple… Si toutefois la grève des navettes inter-zones s’achevait : le déplacement qu’il venait de faire en Concorde du XXème siècle réquisitionné avait été d’une longueur éprouvante ! Et d’un inconfort inadmissible ! Comment des hommes sensés avaient-il pu envisager un moment s’emparer du marché avec un tel appareil ! Mais il devait maintenant aller récupérer sa nouvelle employée et rentrer à la boîte.

Lire la suite...


Catégorie: Fictions ? | 2 commentaires

- page 1 de 5